Le développement du marché de la fontaine en France est toujours présent, mais suit son propre bonhomme de chemin et désoriente les experts européens. En effet, il semble exister une certaine signature française à la structuration du marché. Effets climatiques, tradition de consommation et intervenants multiples… l’équation française n’est pas si simple.
La consommation d’eau est l’une des priorités pour l’organisme humain pour qui les besoins physiologiques sont évalués à 1,5 litre par jour. Si ces besoins sont reconnus et prônés par le corps médical, seul un Français sur deux est conscient de la nécessité de boire plus d’un litre d’eau par jour. Ainsi, 55% des 18-64 ans estiment qu’un bon équilibre naturel impose de boire plus d’un litre d’eau par jour, sachant que 36% pensent que cette quantité peut être comprise entre 50 cl et 1 litre. L’eau est aussi, selon ce même sondage, plus appréciée fraîche ou froide que tempérée (54% vs 46%). Le Français reste aujourd’hui le deuxième consommateur d’eau au monde. Cette dernière regroupe aussi bien l’eau potable accessible au robinet (99% des Français y ont accès et bénéficient d’un réseau de très bonne qualité), mais également les eaux dites embouteillées, qu’elles soient minérales ou de source. Si le domicile reste le lieu de consommation numéro 1, le lieu de travail est, lui aussi, un lieu de consommation naturel, puisque 75% des Français déclarent boire l’eau au travail, devant le café (54%), et le thé (22%). Seuls 13% d’entre eux disent ne rien boire. Parmi ces 75% de buveurs d’eau, l’eau en bouteille rassemble les suffrages : 55% boivent de l’eau en bouteille contre 48% au robinet et 34% de l’eau en fontaine. Une logique qui met en exergue le besoin d’hydratation autour de l’eau et de son aspect rafraîchissant et désaltérant, ce qui laisse aussi percevoir que la fontaine d’eau, comme point de désaltération, dispose aussi d’une marge de progression. La fontaine d’eau reste néanmoins peu présente en France où l’on dénombre environ 6 fontaines pour 1 000 habitants. Une moyenne qui est sans commune mesure avec d’autres pays comme les États-Unis, mais qui peut s’expliquer par le fait que ces derniers, faute d’un réseau de distribution d’eau aussi efficace, utilisent aussi la fontaine comme source de désaltération dans les ménages, alors qu’en France, l’eau du robinet est la principale source d’hydratation avec, bien entendu, l’eau embouteillée et l’eau minérale. Des logiques qui expliquent aussi pourquoi l’eau minérale n’est pas en concurrence avec la fontaine et pourquoi les affrontements se situent plus entre les réseaux d’approvisionnement locaux et les industriels de l’eau embouteillée via medias interposés (le comparatif, il y a deux ans, entre l’eau du robinet et les eaux embouteillées a encore aujourd’hui laissé des traces entres les différents protagonistes). [...]
Extrait du LMDA n°165





















