Ce n’est qu’après la seconde Guerre Mondiale que la Distribution Automatique a commencé à s’intégrer à notre économie sous la forme moderne que nous lui connaissons aujourd’hui. Aux États-Unis, c’est dans les années trente que l’aventure de la D.A. atteint le stade de la production industrielle avec Coca-Cola et les premiers distributeurs de bouteilles fabriqués par les frères Elmer F. et John T. Pierson Senior. Mais l’aventure commence réellement en 215 avant Jésus-Christ avec un distributeur d’ «eau consacrée» fonctionnant à l’aide d’une pièce de cinq drachmes et destiné aux temples égyptiens.
Pendant dix-huit siècles, aucune référence attestant de l’existence d’automates de vente n’a été trouvée. Au début du XVIIème siècle, avec la généralisation de l’usage du tabac, les Anglais fabriquèrent des machines en cuivre poli distribuant dans les auberges et les tavernes, une dose de tabac à fumer et à priser pour un demi-penny. Toujours en Angleterre, vers 1820, le libraire Richard Carlile inventa un distributeur automatique de livres afin de vendre des ouvrages subversifs et d’échapper ainsi à la censure politique ! Trente-sept ans plus tard, un dénommé Siméon Denham fut le premier à faire breveter un distributeur automatique de timbres fonctionnant avec une pièce d’un penny. À cette époque, tant en Angleterre qu’en France, en Allemagne ou en Scandinavie, des distributeurs automatiques à pièces furent brevetés et construits tels des pèse-personnes, des distributeurs de tabac ou de confiseries. En 1867, l’Allemand Carl Ade inventa des machines à vendre des mouchoirs, des cigarettes et des confiseries. Quant au premier brevet américain, il fut déposé en 1884 par W.H. Fruen. Toujours aux États-Unis, l’année suivante vit naître la première société d’exploitation de pèse-personnes utilisant du matériel importé d’Allemagne.
C’est en Angleterre, en 1887, que la première société de gestion de distributeurs automatiques de confiserie, la «Sweet Meat Automatic Delivery by», apparut, et le métro new-yorkais en fut équipé dès 1888.
L’année suivante, des distributeurs de chocolats à croquer et de confiseries se développèrent en France dans toutes les gares du P.L.M. À Paris, pendant l’hiver 1890, des kiosques distribuèrent de l’eau chaude destinée à remplir des bouillottes en usage dans les fiacres. Cette source payante servait aussi à ceux qui n’avaient pas la possibilité de se chauffer. En 1891, des bars automatiques fleurirent en France, pour la vente de vin de Malaga, de bière et durant l’Exposition Universelle, des distributeurs automatiques de boissons chaudes et fraîches furent présentés.
À Manchester fut lancé en 1892 le premier distributeur automatique de tickets et l’année suivante, des distributeurs d’eau de Cologne furent installés en France sur les devantures des magasins.
Le premier restaurant automatique fut installé en Allemagne en 1895. Il s’agissait davantage d’une aide à la vente qu’un véritable distributeur automatique avec stock, car le rechargement se faisait au fur et à mesure par l’arrière, comme dans les restaurants automatiques new-yorkais de type « Automate » que l’on trouvait encore en 1970 ! Par ailleurs, les Postes américaines s’équipèrent dès 1905 de distributeurs automatiques de timbres. C’est en 1906, aux U.S.A., que l’on trouve le premier distributeur automatique de boissons gazéifiées à dix sélections (sans gobelet), mais devant l’inquiétude des services sanitaires américains, la Public Cup Vendor Cie construisit deux ans plus tard le premier distributeur automatique utilisant un gobelet en papier et devint plus tard la Dixie Cup Cie. Le tabac et la cigarette en D.A. se développèrent à partir de 1925 avec les distributeurs automatiques de National à Saint-Louis, de William Rowe à Los Angeles et de Smoketeria à Detroit. En 1926 aux USA, apparurent les premiers «counter dispensers» modernes de boissons gazéifiées ou non. En 1930, National Rejectors Inc. vit le jour à Saint-Louis dans le Missouri. La distribution automatique avait désormais pignon sur rue.
C’est peut-être pour cela qu’elle abandonna, du moins en Occident, le grand public pour se consacrer presque entièrement au monde du travail !
préface de Michel Guinot




